Présentez-nous votre activité

Happy Plantes a été créée en 2016. Aujourd’hui, je gère un magasin implanté à Volvic qui comprend mon atelier de mélange/découpe/mise en sachet et une e-boutique. Je créée des infusions aux plantes sauvages locales. J’utilise 45 plantes pour la préparation de mes tisanes dont seulement 3 ne proviennent pas de la région Auvergne. Je participe dès que possible aux cueillettes qui sont faites en Auvergne pour mieux connaitre mes matières premières.

Dès le début de mon activité, j’ai obtenu 6 distributeurs en Auvergne. En 18 mois d’activité, je suis passée d’une activité que je gérais seule à une équipe de trois personnes. Il y a aujourd’hui 80 distributeurs qui revendent et/ou proposent à la dégustation nos infusions dans leurs boutiques ou restaurants. Récemment, j’ai commencé à travailler avec Emmanuel RYON, pâtissier et glacier, mais aussi Serge VIEIRA, chef étoilé Michelin pour des créations d’infusions utilisées en pâtisserie et cuisine.

Quel est votre parcours avant cette démarche entrepreneuriale ?

Je suis ingénieur agronome. J’ai réalisé un stage de 4 mois au Népal puis un stage de 6 mois à Cuba lors de ma formation. J’ai ensuite été chargée de projet dans une ONG où je me suis occupée, entre autre, de la gestion de campagne de crowdfunding, ce qui m’a aidé lors de ma propre campagne crowdfunding. J’ai ensuite déménagé avec mon mari à Volvic qui est venu s’occuper d’un groupement d’apiculteurs. C’est à ce moment-là que j’ai rencontré les cueilleurs de SICARAPPAM et j’ai eu un réel coup de cœur. J’ai toujours été intéressée par la valorisation du territoire. Je me suis alors lancée dans ce projet de création d’entreprise pendant 1 an et demi. La campagne Ulule lancée en novembre 2015 a été une magnifique surprise et une belle réussite avec un total collecté de plus de 12 000 €.

 

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à créer votre entreprise ?

Je n’ai jamais été de nature entrepreneuriale. C’est l’Auvergne qui m’a rendue entrepreneuse. Je faisais simplement au départ des mélanges à la maison. Aujourd’hui, je considère l’entrepreneuriat comme une liberté incroyable. C’est beaucoup de pression et de travail mais c’est au final nous qui décidons de ce que nous voulons faire et où nous voulons aller. La créativité est alors énorme. Aussi, les valeurs de l’entrepreneuriat ne sont pas du tout les mêmes que les valeurs salariales. Aujourd’hui, je ne me vois pas devenir à nouveau salarié.

 

 

Qu’est-ce qui vous a motivé dans cette aventure et quels sont les obstacles que vous avez pu rencontrer ?

J’ai rencontré des personnes formidables qui avaient également créé leur entreprise dans l’optique de vivre de leur passion et non de réaliser du profit. Une vision saine et durable des choses, c’est cela qui me correspond aujourd’hui !

Si vous pouviez modifier un élément de votre parcours d’entrepreneure, que feriez-vous différemment ?

J’ai eu des premiers mois d’activité très encourageants où je ne faisais que produire et vendre. C’était incroyable ! Ce que j’ai pu remarquer au début c’est que l’on dit « oui » a tout pour faire plaisir et parce que l’on a envie de bien faire. Or, un jour je devais faire 200 sachets pour un distributeur alors que je n’avais plus de menthe poivrée. J’ai des contraintes sur ma production qui sont totalement liées à la nature, c’est elle qui dicte mes commandes. Ainsi, si je devais changer une chose de ma première année comme entrepreneure ça aurait été de réussir à prendre plus de temps et de recul pour l’organisation et la planification et ne pas être que dans la production et la vente !

Quel a été le moyen le plus efficace pour obtenir des clients au démarrage de votre activité ? Quelles sont vos astuces pour en acquérir de manière régulière ?

J’ai eu la chance de ne pas à avoir de faire de démarchage commercial au départ. Beaucoup de choses se sont jouées sur les réseaux sociaux et la presse. Certaines blogueuses ont mis en avant mes produits sur Instagram comme le compte « Et pourquoi pas Coline ». J’ai aussi eu un article dans le Flow Magasine de mai 2017 qui a mis en avant l’atelier. J’ai eu beaucoup de retombés grâce à cela. Certaines personnes du nord de la France en route vers le sud se sont même arrêtées à la boutique cet été via cette publication.

Comment s’organisent vos journées de cheffe d’entreprise ?

Tous les 6 mois, je concocte de nouvelles recettes. Je fais également les salons professionnels et particuliers sur la gastronomie et le bien-être comme Taste of Paris ou Natexpo. Aussi privilégiant les circuits-courts, jai participé au salon des circuits courts  « de la cagette à l’assiette ». Je suis présente au marché bio de Volvic et je prévois de faire quelques marchés de Noël. J’essaie également de m’adapter aux demandes que j’ai. Par exemple, je développe actuellement des produits en gros et en vrac par kilo pour répondre à l’une des attentes de mes distributeurs.

Ainsi une de mes journées de cheffe d’entreprise est toujours différente de la précédente, chez Happy Plantes il faut savoir être adaptable et multicarte !

 

Qui vous a accompagné dans votre projet de création d’entreprise ?

J’ai rencontré Aurelie GUYADER, chargée de mission TPE lors du salon de la création à Clermont-Ferrand et il y a tout de suite eu un super ressenti. J’ai pu bénéficier d’un prêt à taux zéro, d’une subvention financée par la Caisse d’Epargne et d’une garantie pour le prêt bancaire. Il y a de très bons conseils à prendre auprès de chaque structure. Cécile CHAPUT de la communauté de communes m’a beaucoup aidé dans les démarches, c’est elle qui m’a proposé le local que j’occupe aujourd’hui en face de l’église de Volvic. Il y a également eu la BGE pendant deux mois, l’ARDTA pour une résidence longue, le concours Auverboost, où j’ai été lauréate en 2015, le concours entrepreneuriat au féminin, lauréate 2017 et le concours Talents Gourmant du Crédit Agricole, lauréate 2017.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui se lance dans la création d’une entreprise ?

La plus grande qualité à avoir est la priorisation ! Il faut savoir trouver un bon équilibre sur les priorités professionnelles et les priorités personnelles. Toute la gestion, la comptabilité et la commercialisation sont des choses qui peuvent s’apprendre sur le tas. Il n’y a pas besoin d’avoir une grande expérience professionnelle pour s’en sortir. Si on y croit et que cela vient de nos trippes, d’une vraie passion alors on peut y arriver même si cela prend un peu plus de temps.

Un dicton qui vous tient à cœur ?

« Le courage ne rugit pas toujours, parfois, le courage est cette voix calme à la fin de la journée qui dit « je vais essayer à nouveaux demain » » Mary Anne Radmacher repéré sur la page Facebook de « Mes bonnes copines ».

 

Un souhait pour l’avenir ?

Mon plus grand souhait pour l’avenir est de réussir à faire développer Happy Plants en ne lésant jamais sur la qualité des produits. J’aimerais aussi en tant que femme, prendre le temps pour construire une famille. Avoir une entreprise qui marche est important pour moi mais je ne veux pas que cela se fasse au détriment de ma famille.

J’envisage aussi de partir en cueillette plus régulièrement pour rester en contact avec la nature et les cueilleurs. J’essaie également de garder une relation très humaine avec les distributeurs. La passion pour l’entrepreneuriat a été une découverte. J’ai déjà en tête des projets de développement, dans l’idée de continuer à valoriser les produits locaux. Quand je suis sortie d’études, j’y suis allée petit à petit avec la formation que j’avais mais aucune expérience dans la création d’entreprise. Je teste encore et tous les jours des mélanges.

 

 

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